A retenir
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Un million de pièces identiques, toutes conformes au plan : c’est le terrain du tour multibroche. Là où un tour classique termine une pièce avant d’attaquer la suivante, le multibroche travaille plusieurs barres à la fois et fait sortir une pièce finie à chaque rotation de son barillet.
Dans cet article, nous expliquons comment fonctionne un tour multibroche à cames, pour quelles pièces et quels volumes il devient la solution la plus économique, et comment nous exploitons notre parc de 10 machines dans notre atelier de Marnaz.
Vu de l’extérieur, un tour multibroche ressemble à un tour automatique classique. La différence se joue au coeur de la machine, dans la façon dont elle porte la matière, répartit les opérations et commande ses outils.
Le cœur de la machine s’appelle le barillet : un tambour rotatif qui porte plusieurs broches, chacune serrant sa propre barre de matière. Sur nos machines, six barres tournent ainsi en même temps.
Autour du barillet, chaque position correspond à un poste d’usinage équipé de ses outils : ébauche, perçage, filetage, forme, finition, tronçonnage. À la fin de chaque cycle, le barillet pivote d’un cran (on parle d’indexation) et chaque barre passe au poste suivant.
Pendant qu’un poste ébauche une barre, le suivant perce la deuxième, un autre file la troisième, et le dernier tronçonne une pièce terminée. Le temps de cycle ne correspond donc plus à la somme des opérations, mais à la durée de l’opération la plus longue. C’est ce principe qui donne au multibroche sa cadence.
Pour l’exploiter au mieux, le régleur répartit le travail de façon équilibrée entre les postes : une opération trop longue sur un seul poste ralentirait toute la machine.
Sur un multibroche traditionnel, des cames commandent les mouvements des chariots porte-outils. Chaque came, profilée pour une pièce donnée, transforme la rotation d’un arbre en avance, en recul ou en temporisation de l’outil. Le jeu de cames joue en quelque sorte le rôle du programme sur une machine à commande numérique.
Une fois les cames montées et la machine réglée, le cycle se répète à l’identique, pièce après pièce, avec une remarquable régularité. Notre article sur l’évolution du décolletage revient sur la place qu’occupent encore ces machines face à la commande numérique.
Notre parc multibroche réunit trois constructeurs historiques, tous travaillant en poupée fixe :
Cette complémentarité nous permet d’orienter chaque pièce vers la machine dont la capacité correspond le mieux à son diamètre.
Deux critères orientent une pièce vers le multibroche : le volume à produire et la stabilité de sa définition. Quand les deux sont réunis, il devient généralement la solution la plus économique.
Le multibroche donne sa pleine mesure sur les très grandes séries. La conception des cames et le réglage de la machine demandent du temps : cet investissement de départ ne devient rentable que s’il se répartit sur un grand nombre de pièces. Dans notre atelier, nos multibroches produisent de 25 000 à 1 000 000 de pièces par lancement.
En dessous de ces volumes, nos tours CN à poupée fixe ou à poupée mobile offrent davantage de souplesse.
Le tour multibroche convient aux pièces de révolution de petit et moyen diamètre, dont la définition évolue peu dans le temps. Il convient notamment aux familles de pièces suivantes :
On les retrouve dans des secteurs à forts volumes, comme l’automobile, le bâtiment ou l’énergie.
Cette cadence a une contrepartie : le multibroche demande plus de préparation qu’un tour à commande numérique. trois points méritent d’être anticipés avec votre décollecteur.
Changer de référence sur un multibroche à cames implique de changer les cames, les outils et les réglages des six postes. Ce travail se planifie : il justifie de regrouper les besoins en lancements importants plutôt qu’en petites commandes successives. Nos équipes vous accompagnent pour définir des volumes par lancement adaptés à vos prévisions.
Les géométries les plus complexes, avec perçages transversaux, méplats ou fraisages, ne se réalisent pas toujours entièrement sur le multibroche. Nos machines de reprise traditionnelles (fraisage, taraudage, perçage) et notre rectifieuse prennent alors le relais pour terminer la pièce. En aval, nos services complémentaires assurent les traitements de surface et l’assemblage de sous-ensembles.
Concevoir un jeu de cames pour une pièce dont le plan risque encore d’évoluer coûte cher. Notre service de prototypage et présérie permet de valider la géométrie, la matière et la gamme d’usinage avant de lancer la très grande série.
Les 10 multibroches de notre atelier font partie de notre outil de production moyenne et grande série. Ils couvrent :
Nos certifications ISO 9001, IATF 16949 et ISO 14001 encadrent cette production en très grande série, où la régularité d’une pièce à l’autre compte autant que la conformité de la première.
Le monobroche usine une seule barre : il termine une pièce avant de commencer la suivante. Le multibroche travaille plusieurs barres en parallèle, réparties sur plusieurs postes, et sort une pièce finie à chaque indexation du barillet. Il atteint donc une cadence bien supérieure, au prix d’une mise en route plus longue.
Tout dépend de la pièce, mais le multibroche se justifie sur les très grandes séries. Chez Jacquemoux Décolletage, nos tours multibroches à cames produisent de 25 000 à 1 000 000 de pièces par lancement.
La capacité varie selon la machine. Notre parc couvre de Ø 3 à 25 mm : de Ø 3 à 16 mm sur nos Tornos, de Ø 10 à 22 mm sur nos Gildemeister et de Ø 10 à 25 mm sur notre Wickman.
Pour une pièce stable produite en très grand volume, le tour à cames reste une solution robuste et économique : une fois réglé, il répète le même cycle avec une grande régularité. La commande numérique garde l’avantage dès que les références changent souvent ou que les séries diminuent.
Transmettez-nous votre plan et vos volumes annuels : notre équipe technique identifie la machine la plus adaptée et vous adresse un chiffrage détaillé.